Guide d'achat

Switch de clavier mécanique : le comparatif pour bien choisir

Rouge, marron, bleu, silver, magnétique… Le switch décide de la sensation de chaque frappe. On compare les grandes familles, les références les plus connues et ce qui compte vraiment.

Mis à jour le 30 septembre 20264 min de lecturePar la rédaction

Sous chaque touche d'un clavier mécanique se trouve un switch : un petit mécanisme indépendant, avec son ressort, sa tige et ses contacts. C'est lui qui fait la différence avec un clavier à membrane, et c'est lui qui donne son caractère au clavier. Deux claviers identiques équipés de switchs différents n'ont rien à voir sous les doigts.

Comment fonctionne un switch

Quand on appuie sur une touche, la tige (le stem) descend en comprimant un ressort. À un certain point, le point d'activation, le contact électrique se ferme et la frappe est envoyée à l'ordinateur. La tige continue ensuite jusqu'en fin de course.

Linéaireforce régulière Tactilebosse perceptible Clickybosse + clic audible course →
Force nécessaire au fil de la course (schéma simplifié). Le tactile et le clicky présentent un pic juste avant l'activation.

Quatre caractéristiques décrivent un switch :

  • La force d'actionnement, en grammes ou en centinewtons : de 35 g (très léger) à plus de 70 g (ferme).
  • La course avant activation : 2 mm en standard, 1 à 1,2 mm sur les switchs « speed ».
  • La course totale : 4 mm en standard, un peu moins sur les modèles speed et low profile.
  • Le type de retour : linéaire, tactile ou clicky.

Linéaire, tactile ou clicky ?

Les switchs linéaires

Course parfaitement lisse du haut en bas, sans bosse ni bruit de mécanisme. Ce sont les favoris des joueurs : rien ne freine les appuis répétés, et la frappe est discrète. Ils demandent un peu plus de précision à la frappe, puisqu'aucun repère ne signale l'activation.

Les switchs tactiles

Une petite bosse se fait sentir juste avant l'activation : le doigt sait que la touche a été prise en compte. C'est le choix polyvalent par excellence, confortable pour la frappe de texte comme pour le jeu. L'intensité de la bosse varie beaucoup d'un modèle à l'autre.

Les switchs clicky

La bosse s'accompagne d'un « clic » net. Très satisfaisant pour taper, beaucoup moins pour les collègues, le colocataire ou le micro en vocal. À réserver à un usage solitaire.

Les références à connaître

Les switchs Cherry MX ont défini le standard : leurs couleurs servent encore de langage commun, même chez les autres marques (Gateron, Kailh, Akko, Outemu…).

SwitchTypeForceActivationPour
Cherry MX RedLinéaire45 cN2 mmJeu, frappe légère
Cherry MX BlackLinéaire60 cN2 mmDoigts lourds, éviter les fautes
Cherry MX Speed SilverLinéaire45 cN1,2 mmJeu compétitif
Cherry MX BrownTactile léger55 cN2 mmPolyvalent
Cherry MX ClearTactile ferme65 cN2 mmFrappe de texte
Cherry MX BlueClicky60 cN2,2 mmFrappe, usage solo

Ces valeurs sont celles des fiches Cherry ; les équivalents des autres marques s'en approchent sans être identiques. Un « red » Outemu ou Gateron reste linéaire et léger, mais le toucher et le son diffèrent.

Les switchs magnétiques (effet Hall)

C'est la grande évolution de ces dernières années, popularisée par Wooting. Au lieu d'un contact métallique, un capteur à effet Hall mesure en continu la position d'un aimant fixé sur la tige. Conséquences :

  • Le point d'activation est réglable, souvent de 0,1 à 4 mm, touche par touche.
  • Le Rapid Trigger réactive la touche dès qu'elle remonte de quelques dixièmes de millimètre : un avantage net dans les jeux de tir où l'on alterne vite les déplacements.
  • Aucune usure des contacts, puisqu'il n'y en a pas.

Ils coûtent plus cher et demandent un PCB dédié : on ne peut pas les poser sur un PCB hot-swap classique. Pour un joueur compétitif, c'est pourtant aujourd'hui le choix le plus performant.

Le son : lubrification, ressorts et films

Le son d'un switch dépend de ses matériaux (le polycarbonate sonne plus aigu, le POM et le nylon plus grave), de la lubrification et de la tolérance de fabrication. Beaucoup de switchs récents sont lubrifiés d'usine. Les passionnés vont plus loin : lubrification à la main, films entre les deux parties du boîtier pour supprimer le jeu, ressorts plus longs pour une remontée plus douce.

Il existe aussi des switchs silencieux : des amortisseurs en silicone étouffent le choc en bas et en haut de course. Idéal en open space ou la nuit.

Comment choisir le tien

Joueur FPSLinéaire léger ou magnétique

Red, Speed Silver ou Hall effect avec Rapid Trigger.

Frappe de texteTactile

Brown pour la douceur, un tactile plus marqué pour le retour.

Bureau partagéLinéaire ou tactile silencieux

Évite absolument les clicky.

IndécisUn switch tester

Une petite plaque avec 9 à 20 switchs différents : quelques euros pour éviter une erreur à 50 €.

On détaille la méthode, profil par profil, dans l'article comment choisir ses switchs de clavier.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur switch pour le gaming ?
Un linéaire léger (type Red ou Speed Silver) reste la référence. Pour le jeu compétitif, les switchs magnétiques à effet Hall avec Rapid Trigger offrent aujourd'hui un avantage mesurable.
Peut-on changer les switchs de son clavier ?
Oui si le clavier est hot-swap : on retire les switchs avec une pince et on enfiche les nouveaux. Sinon, il faut dessouder, ce qui est bien plus délicat.
Combien de temps dure un switch mécanique ?
Les fabricants annoncent de 50 à 100 millions de frappes par switch, souvent plus. En pratique, un clavier mécanique dure de nombreuses années.
Les switchs rouges sont-ils silencieux ?
Plus discrets que les bleus, mais pas silencieux : le choc de la tige en fin de course et le retour des keycaps restent audibles. Pour un vrai silence, il faut des switchs « silent ».